La mission de l’ARS
L’Agence régionale de santé est chargée, en application du Code de la santé publique et de la directive européenne relative aux eaux de baignade, d’assurer le contrôle sanitaire des eaux de baignade afin de protéger la santé des usagers.
Au-delà du contrôle sanitaire, l’ARS joue également un rôle d’accompagnement auprès des collectivités pour prévenir les risques de pollution et améliorer durablement la qualité des eaux de baignade.
À ce titre, l’ARS :
établit chaque année le programme de contrôle sanitaire des sites de baignade déclarés
organise les prélèvements et les analyses réalisés par un laboratoire agréé
réalise des inspections sur les sites afin d’évaluer leur état sanitaire et leur environnement
analyse les résultats et évalue les risques pour la santé des baigneurs
informe les collectivités et le public sur la qualité des eaux
accompagne les personnes responsables des eaux de baignade dans l’élaboration et la mise à jour des profils de baignade
Le contrôle sanitaire des eaux de baignade
Le contrôle sanitaire des eaux de baignade ne se limite pas aux analyses réalisées en laboratoire. Chaque prélèvement est précédé d’un contrôle visuel du site permettant d’évaluer l’ensemble des éléments susceptibles d’influencer la qualité de l’eau et de présenter un risque pour les baigneurs.
Les agents de l’ARS ou du laboratoire observent notamment :
la présence de mousses, d’huiles minérales ou de résidus goudronneux
les déchets et matières flottantes
la couleur et la transparence de l’eau
la présence éventuelle de sargasses
les conditions météorologiques et environnementales pouvant avoir un impact sur la qualité des eaux
En parallèle, les échantillons sont analysés par un laboratoire agréé afin de rechercher deux bactéries indicatrices de contamination fécale :
Escherichia coli
les entérocoques intestinaux
Ces bactéries constituent des indicateurs reconnus au niveau européen. Leur présence traduit une contamination d’origine fécale et peut révéler la présence d’autres micro-organismes pathogènes, tels que des virus, bactéries ou parasites, susceptibles d’entraîner des gastro-entérites, des infections ORL ou des irritations cutanées.
L’ensemble de ces informations permet à l’ARS d’évaluer le risque sanitaire et, si nécessaire, de recommander aux autorités compétentes la mise en œuvre de mesures de gestion destinées à protéger les usagers.
Répartition de la qualité des eaux de baignade - saison 2025
Lors de la saison 2025, 128 sites de baignade ont été déclarés et suivis sur le plan sanitaire. Ils sont répartis sur 24 communes de Guadeloupe et 2 collectivités d’outre-mer : Saint-Barthélemy et Saint-Martin.
Répartition des sites suivis :
111 sites en mer
17 sites en rivière
La qualité des eaux est évaluée sur les 4 dernières années.
La saison de surveillance couvre généralement toute l’année, conformément aux spécificités climatiques locales, avec une période de référence allant du 1er octobre de l’année N au 30 septembre de l’année N+1. L’ARS veille à l’uniformité de cette période sur l’ensemble du département, en lien avec la préfecture.
Les chiffres clés de la saison 2025
Dégradation de la qualité des eaux de baignade
Même si la qualité globale des eaux de baignade reste satisfaisante, certains sites présentent des dégradations récurrentes ou durables.
Ces situations s’expliquent généralement par plusieurs facteurs environnementaux et techniques : les épisodes de fortes pluies, le ruissellement, les apports des bassins versants, les défauts d’assainissement, les rejets ponctuels ou encore la présence d’animaux à proximité des zones de baignade.
Les rivières sont particulièrement sensibles à ces phénomènes. Leur qualité peut évoluer très rapidement après un épisode pluvieux, car elles reçoivent directement les eaux de ruissellement de l’ensemble du bassin versant.
Pour les eaux de mer, la situation est globalement plus stable, mais certains sites restent vulnérables lorsqu’ils sont situés à proximité de rejets, de zones urbanisées, de mouillages ou de secteurs soumis à des dysfonctionnements d’assainissement.
Il est important de rappeler que le contrôle sanitaire permet d’identifier les épisodes de pollution, mais que l’amélioration durable de la qualité des eaux repose sur des actions menées à la source : assainissement, gestion des eaux pluviales, entretien des réseaux, maîtrise des rejets et mise à jour des profils de baignade.
Les actions de l’ARS
Au-delà du contrôle sanitaire, l’ARS accompagne les personnes responsables des eaux de baignade afin de renforcer une gestion préventive de la qualité des eaux.
L’un des principaux leviers est le profil de baignade, document réglementaire permettant d’identifier les sources de pollution et de définir les actions correctives à mettre en œuvre.
Les actions engagées ces dernières années portent leurs fruits. En mai 2026, près d’un site sur deux (49 %) dispose désormais d’un profil de baignade à jour, contre seulement 25 % un an auparavant. Par ailleurs, 5 % des profils sont en cours d’élaboration, 17 % sont à réviser et 28 % restent encore à réaliser, ce qui témoigne des progrès accomplis mais aussi des efforts restant à poursuivre.
Au-delà de cette progression encourageante, il est essentiel que les collectivités s’approprient pleinement cet outil. Le profil de baignade ne doit pas être considéré comme une simple obligation réglementaire, mais comme un véritable outil d’aide à la décision. Il permet non seulement d’identifier et de hiérarchiser les sources de pollution, mais également de définir un programme d’actions correctives à court, moyen et long terme afin d’améliorer durablement la qualité des eaux de baignade.
L’ARS poursuit également un travail partenarial avec les collectivités, la DEAL, l’Office de l’Eau et les différents partenaires afin de mieux comprendre les causes des dégradations observées et de coordonner les actions de prévention. Cette mobilisation collective demeure essentielle pour préserver durablement la qualité des eaux de baignade.
La mission de l’ARS
Les chiffres clés pour les années 2024 et 2025
Rappel : les informations sur la qualité des eaux du robinet sont disponibles sur les fiches infofactures et tous les bulletins sanitaires sont disponibles et sur le site du ministère.
Les résultats du contrôle sanitaire (incluant l’eau destinée à la consommation humaine et les eaux conditionnées sur la Guadeloupe, les îles du Nord et du Sud) :
Ces résultats globaux, en amélioration, masquent les dysfonctionnements de certaines unités de distribution où la qualité de l’eau est insuffisante : notamment les UDI desservies par Le Moule Desvarieux et l’UDI de Sofaïa à Sainte-Rose.
Face au contexte (manque d’eau), certains usagers s’orientent vers d’autres options :
Stockage tampon d’eau du robinet.
Stockage d’eau de pluie.
Recommandations sanitaires
Stockage tampon d’eau du robinet
L’installation de tels dispositifs de stockage tampon d’eau potable n’est pas prévue par la réglementation. Une mauvaise conception et un défaut d’entretien peuvent dégrader la qualité des eaux. Si, au vu du contexte de crise de l’eau en Guadeloupe, l’ARS tolère ces dispositifs de stockage tampon, ils doivent être conçus de manière à favoriser une circulation permanente des eaux.
Stockage d’eau de pluie
Pour répondre aux enjeux de sobriété des usages, de disponibilité et de qualité de la ressource en eau dans un contexte de changement climatique, la France s’est dotée en mars 2023 d’un plan pour une gestion résiliente et concertée de l’eau. Ainsi, depuis juillet 2024, de nouvelles dispositions réglementaires encadrent l’utilisation d’eaux impropres à la consommation humaine, l’utilisation des eaux de pluie par exemple, pour des usages domestiques, dans le respect de la protection de la santé des populations et des écosystèmes.
