Guadeloupe

LA SURVEILLANCE ENTOMOLOGIQUE AU NIVEAU DES COMMUNES

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a surveillance des moustiques, appelée surveillance entomologique, consiste à capturer périodiquement des moustiques à l’aide de pièges placés dans des stations de surveillance. Ces moustiques sont identifiés, tirés et envoyés pour analyse au Laboratoire de l'agence régional de santé
Corps de texte

Une surveillance entomologique du vecteur de la dengue est réalisée tout au long de l’année par les équipes du service de Lutte Anti-Vectorielle de l’ARS. Les agents assurent un contrôle à l’intérieur et autour des habitations (à l’exclusion des immeubles collectifs dans la mesure où les densités de gîtes larvaires y sont généralement très faibles d’une part et que d’autre part la majorité est fermée lors du passage des agents). Au cours de leur visite, les agents vont rechercher les différents gîtes larvaires, noter par type de gîte, la présence ou non de larves du moustique Aedes aegypti. L’ensemble des gîtes larvaires seront détruits toutes les fois où cela sera possible, ou bien traités (Bacillus thuringiensis). Des conseils de prévention et des recommandations seront également diffusés aux occupants lors de ces visites domiciliaires.

Trois indicateurs larvaires sont principalement utilisés. Il s’agit d’indicateurs mis au point entre les années 1920 et 1950 en Amérique du sud dans le cadre du contrôle d’Aedes aegypti, vecteur de la fièvre jaune. Ces indicateurs sont actuellement très largement utilisés dans le cadre du contrôle de vecteurs d’autres arboviroses telles que la dengue et le chikungunya (Aedes aegypti et Aedes albopictus).

  • Indice de Maison : % de maisons où des larves ou des nymphes d’Aedes aegypti ont été mises en évidence. Il donne une idée de la répartition spatiale du vecteur;
  • Indice de Containers : % de gîtes larvaires en eau où des larves ou des nymphes d’Aedes aegypti ont été mises en évidence. Il donne une idée du taux de positivité des gîtes larvaires potentiels ;
  • Indice de Breteau : nombre de gîtes larvaires où des larves ou des nymphes d’Aedes aegypti ont été mises en évidence pour 100 maisons visitées. C’est l’indice le plus synthétique. Il donne une idée des densités de vecteurs ;
  • Enfin, les contrôles entomologiques permettent de déterminer la typologie des gîtes larvaires.

Ces indicateurs présentent plusieurs inconvénients. En particulier l’Indice de Breteau qui est le plus utilisé s’il est relativement simple d’utilisation présente certaines limites :

          - l’indice de Breteau ne prend pas en compte la productivité des gîtes larvaires : il accorde le même poids à tous les gîtes positifs. Ainsi, un vase à fleurs ou une coupelle de pot à fleurs contenant quelques larves auront le même poids qu’une gouttière ou qu’un pneumatique qui peuvent en contenir plusieurs dizaines ;
          - il ne tient pas compte de la mortalité larvaire : une larve de stade I aura le même poids qu’une larve de stade IV ou qu’une nymphe. Or si la majorité des nymphes ou des larves de stade IV se transformeront en moustiques adultes, cela ne sera pas le cas pour une part plus ou moins importante des premiers stades larvaires ;
         - il ne prend pas certains paramètres climatiques importants tels que la température ;
         - il ne prend pas en compte le niveau d’immunité des populations humaines qui est un élément essentiel dans la circulation du virus de la dengue.

D’autres indicateurs sont développés, mais ils sont moins opérationnels. Certains relèvent encore de la recherche :

  • indices larvaires pondérés ;
  • indices nymphaux ;
  • indices nymphaux – démographiques (nombre de nymphes rapporté à la population humaine, corrigé en fonction des températures et du niveau d’immunité estimé des populations humaines) ;
  • divers indices d’adultes.

A l’échelle de la Guadeloupe on observe globalement :

          - un taux de maisons visitées de 60% (2 maisons sur 5 sont fermées lors du passage des agents de l’ARS) ;
          - un Indice de maison de 22% ;
          - un Indice de containers  de 50% ;
          - un Indice de Breteau de l’ordre de 50.

Par ailleurs, 2% des maisons visitées regroupent 40% des gîtes larvaires positifs.

Des efforts particuliers devront être réalisés sur ces 2% de maisons, mais pas seulement.  La dengue peut se transmettre, y compris sous forme de foyers épidémiques dans des secteurs où les densités estimées de vecteurs sont très faibles. Plus les densités de vecteurs seront abaissées, toute chose étant égale par ailleurs, plus le risque de transmission de la dengue sera faible.

Outre les contrôles intra domiciliaires, des contrôles spécifiques sont opérés dans certains sites :

  • établissements publiques (écoles, établissements de santé, …) ;
  •  cimetières : situés souvent au cœur d’agglomérations, le nombre de gîtes larvaires peut y être très importants (vases à fleurs, lumignons, …) ;
  • zones d’accumulation de déchets susceptibles d’accumuler des eaux pluviales : pneumatiques usés, encombrants métalliques, Véhicules Hors d’Usage.

La surveillance entomologique pratiquée, si elle ne permet pas précisément de définir à elle seule un risque, constitue néanmoins un outil de pilotage essentiel. Elle permet d’orienter les actions de lutte contre les moustiques, d’évaluer ces actions dans le temps.

 Dans un contexte donné, plus les densités de vecteurs seront faibles, plus le risque de transmission de la maladie sera faible. La lutte contre le moustique vecteur de la dengue est à l’heure actuelle le seul moyen de diminuer l’incidence de la maladie. Elle passe par un contrôle des gîtes de reproduction des moustiques au niveau de chaque habitation.

 

 

Mis à jour,  juin 2013.