Guadeloupe

Vœux aux professionnels de santé

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Vœux aux professionnels de santé 2019
Madame Valérie DENUX, directrice générale de l’agence de santé de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy a présenté ses vœux aux professionnels de santé le 22 janvier 2019. A cette occasion a été signé la convention du Groupement Hospitalier de Territoire par les directeurs d’hôpitaux et de l’arrêté de création du GHT Guadeloupe.
Corps de texte

Vœux 2019 aux professionnels de santé

Feuille de route 2019

Discours de Madame Valérie DENUX

 

Mesdames et messieurs les parlementaires et leurs représentants,

Mesdames et messieurs les représentants du Conseil Départemental et du Conseil Régional,

Monsieur le Président de l’Université,

Monsieur le Président du Conseil d’Administration de la CGSS et  Monsieur le Directeur Général de la CGSS,

Monsieur le Président de la CSA,

Mesdames et messieurs les représentants des fédérations, des URPS et des Ordres,

Mesdames et messieurs les directeurs d’hôpitaux et des établissements médicosociaux,

Mesdames et messieurs les Présidents de CME,

Mesdames et messieurs en vos grades et qualités,

Chères confrères et consœurs et chers amis,

Je vous remercie tout d’abord d’être présents et de montrer combien notre communauté santé territoriale a envie de se mobiliser autour des actions 2019 pour notre système de santé.

Je voudrais ensuite saluer 2018 et dire combien cette année a été intense et mobilisatrice pour nous tous. Son bilan, que je partage avec mon prédécesseur et tous les élus et acteurs de santé impliqués, est à noter :

  • Nous avons fait face collectivement à une situation inédite : notre CHU paralysé et éclaté sur plusieurs sites suite à l’incendie de novembre 2017. Après une évacuation réussie de 1200 personnes, que tous garderons longtemps en mémoire, il a fallu faire face aux conséquences de moyen / long terme en 2018. Nous avons alors travaillé collectivement à l’élaboration d’un plan de réorganisation et de décontamination de notre CHU que nous conduisons actuellement en suivant la feuille de route validée en interministériel. Tous les acteurs du territoire subissent les effets de ce terrible accident : les établissements partenaires publics et privés et les professionnels de santé de ville qui doivent en partie compenser la perte capacitaire de notre CHU.
  • Le marché du nouveau CHU a été attribué et la pose symbolique du premier amortisseur parasismique par le Président de la République le 29 septembre 2018 nous a rendu de l’espoir en l’avenir. Nous savons que nous avons une période transitoire à vivre mais nous savons aussi que nous apercevons le bout du tunnel. Nous avons d’ailleurs le devoir de préparer l’entrée dans ce nouvel hôpital qui sera un bijou de technologie et probablement le plus moderne de France au moment où il sera livré.
  • Nous avons validé notre projet régional de santé 2018-2023 en juillet. Il est issu d’un travail collectif intense avec de nombreux groupes de travail et va nous servir de fil rouge pour tous les projets que nous voulons conduire. Il sera bien sûr en permanence adapté en fonction des évolutions très rapides de notre environnement mais les cibles resteront à mon sens les bonnes puisqu’elles cherchent à réduire les inégalités, développer la proximité, renforcer la prévention, développer les innovations, mieux comprendre les besoins de la population pour lesquels nous devons construire des parcours de santé et de vie dans le champ sanitaire et médico-social ou encore assurer la sécurité sanitaire.
  • Nous avons aussi commencé à entrer dans la modernisation et l’innovation en inaugurant le CIMGUA et le TEP scanner qui offrent à notre zone Antilles-Guyane la possibilité de réaliser des diagnostics précoces de cancers. Ceci grâce à la mobilisation des élus, le Conseil Régional en particulier, et des acteurs de santé. Nous avons aussi acquis en décembre le premier module IRM cardiologique de notre territoire pour l’hôpital de Basse-Terre.
  • Nous avons poursuivi le renforcement de l’offre de soins de premier recours qui, comme chacun le sait, est en souffrance avec une démographie médicale en berne. Nous avons ouvert 3 nouvelles maisons de santé pluridisciplinaires, avec l’aide du Conseil Départemental, depuis cet été à Port-Louis, à Saint-Claude et aux Abymes dont l’une avec une composante universitaire. Il faut le dire : nous sommes pour le moment le seul territoire à avoir une MSP-U ! J’espère beaucoup de cela car la médecine générale est une spécialité d’excellence qu’il faut développer par la formation et la recherche.
  • Nous avons commencé la réorganisation de la santé mentale de notre territoire avec la constitution de l’Etablissement Public de Santé Mentale, l’EPSM. Cela représente une première étape indispensable à la cohérence de la prise en charge entre la Basse-Terre et la Grande-Terre. L’écart structurel et organisationnel objectivé en novembre 2018 par les experts visiteurs de la Haute Autorité de Santé entre l’ex-CHM et l’ex-psychiatrie du CHU, empêchait la mise en œuvre d’une stratégie de territoire sur la base d’un traitement égal des patients. Après plus de deux ans de concertation, tous les acteurs ont pris conscience de l’importance de la remise à niveau de la prise en charge en santé mentale de notre population.
  • Nous avons poursuivi activement la numérisation de notre territoire grâce à notre GCS e-santé Archipel 971. Plus de 15 établissements ont été connectés en 2018 à la plateforme d’archivage centralisé et 60 000 dossiers intégrés. 8 spécialités ont été développées en télémédecine, des outils de coordination des soins ont été mis en place telles que la gestion des Réunions de Concertation Pluridisciplinaire (RCP)  oncologie ou le déploiement de la messagerie sécurisé de santé par exemple. Des outils de gestion des connaissances ont été développés tels que le répertoire opérationnel des ressources ou les données Résumé de Passage aux Urgences (RPU).
  • Nous avons lancé le projet Interreg – CARES qui, à travers les 17 projets qui seront conduits par des équipes souvent mixtes du CHU de la Guadeloupe, du CHU de la Martinique, du CH de Basse-Terre ou encore du CH de Bouillante, vont permettre le cadrage et la dynamisation des collaborations caribéennes. Comme vous le savez, c’est un enjeu important pour notre territoire afin d’augmenter nos flux de patients et ainsi atteindre les seuils pour développer nos pôles d’excellence, investir dans de nouveaux équipements et bien-entendu faire rayonner le savoir-faire français dans la grande région face à nos amis américains.
  • Nous avons enfin préparé avec les établissements parties la convention constitutive du GHT unique de la Guadeloupe. les directeurs des établissements parties au GHT signeront la convention constitutive dans quelques instants et pour ma part, je signerai l’arrêté de création du périmètre du GHT.

 

Signature du GHT

 

Tout ceci montre notre capacité de résilience, notre détermination et notre force collective à faire avancer notre système de santé et à le faire sortir de l’ornière dans lequel il se trouve, pas seulement en Guadeloupe mais dans toute la France. C’est pour cela que notre ministre, Mme Agnès Buzyn, a lancé la stratégie de transformation de notre système de santé : « Ma santé 2022 ».

 

Ainsi tout en suivant notre projet régional de santé 2018-2023, nous allons intégrer sur notre territoire cette démarche de transformation.

 

En 2019, je propose de suivre 5 axes avec des réalisations concrètes dont nous pourrons tous être fiers :

 

  • La mise en place de plusieurs filières et parcours de qualité et une meilleure orientation de notre population dans le système de santé
  • La lutte contre les difficultés démographiques médicales en utilisant mieux les moyens existants et en faisant appel à notre intelligence collective
  • L’amélioration de la performance de nos hôpitaux en permettant à chacun de trouver sa juste place
  • L’adaptation de l’offre médico-sociale aux enjeux à venir
  • Le développement de la sécurité sanitaire

 

Pour ce qui concerne le 1er axe : la mise en place de plusieurs filières et parcours et une meilleure orientation de notre population dans le système de santé, je vous propose les actions suivantes en 2019 :

  • Le soutien à la structuration des filières et parcours à travers le GHT de la Guadeloupe et ses établissements partenaires publics, privés et les professionnels de santé de ville. Les filières qui ont été validées comme prioritaires dans la convention constitutive du GHT sont la filière urgences, la filière personnes âgées, la filière parents-enfant, la filière cardiologie, la filière AVC et la filière maladies métaboliques.
  • Le travail en lien avec les acteurs sur le projet territorial de santé mentale et la poursuite de l’accompagnement de la mise en place de l’EPSM.
  • L’aide à la constitution de communautés professionnelles territoriales de santé dans sa définition « Ma santé 2022 ». C'est-à-dire des CPTS qui assurent l’accès au médecin traitant et aux soins non programmés dans un territoire donné et qui garantissent des parcours de proximité. Elles auront une logique de responsabilité territoriale et populationnelle.
  • La mise en place du site et de l’application « Santé.fr » que nous allons lancer dans quelques minutes. C'est un espace de confiance favorisant l’accès des citoyens vers une information de référence, accessible, pertinente et actionnable. Il permettra de faciliter la mise en œuvre des actions de promotion de la santé dans tous les milieux de vie, de promouvoir le bon usage des médicaments et d’accompagner le recours aux services de santé des personnes vulnérables ou éloignées.

 

Pour ce qui concerne le 2nd axe : La lutte contre les difficultés démographiques médicales en utilisant mieux les moyens existants et en faisant appel à notre intelligence collective, les actions suivantes ont été identifiées :

  • Mieux faire connaitre aux étudiants en médecine et aux médecins les dispositifs existants comme les contrats d’aide à l’installation des médecins (CAIM), le contrat de transition pour les médecins de plus de 60 ans (COTRAM), le contrat de stabilisation et de coordination (COSCOM) ou encore le contrat de solidarité territoriale médecins (CSTM).
  • Mieux accompagner les projets de constitution des exercices regroupés pour les maisons de santé pluridisciplinaires, les centres de santé ou les CPTS. En effet, les jeunes médecins plébiscitent ces modes d’exercice mais souvent la méconnaissance de la mécanique administrative fait peur. Nous devons les aider pour les encourager à s’investir sur notre territoire.
  • Soutenir le CHU pour la mise en place du centre de simulation en santé. L’adage « jamais la première fois sur un patient » impulsé par la Haute Autorité de Santé doit devenir la règle sur notre territoire. Disposer d’outils de formation modernes et efficaces est un véritable « plus » pour les professionnels de santé.
  • Poursuivre la numérisation de notre territoire pour lutter contre les zones déficitaires en spécialistes grâce à la télémédecine. Le GCS Archipel 971 va poursuivre sa mission et nous allons lui allouer des ressources supplémentaires.
  • Consolider et expérimenter la gradation des soins en lien avec les URPS grâce au dispositif AZALEE, aux protocoles de coopération, aux infirmières de pratiques avancées ou en innovant avec des infirmiers de réponse urgente.

Soutenir l’Université dans ses travaux de coopération avec les universités de la Caraïbe afin d’accueillir des étudiants pour lesquels il faut créer les conditions nécessaires pour qu’ils puissent exercer sur notre territoire après leurs études.

  • Pour ce qui concerne le 3ème axe : l’amélioration de la performance de nos établissements en permettant à chacun de trouver sa juste place peut reposer sur les actions suivantes :
  • Accompagner en comité interministériel de performance et de la modernisation de l’offre de soins (COPERMO) le CHU et le CHBT afin qu’ils puissent bénéficier de ressources tout en améliorant leur situation financière et structurelle.
  • Continuer à accompagner pour la certification l’ensemble de nos établissements de Guadeloupe.
  • Participer aux travaux sur toutes les fonctions support du GHT mais avec un objectif en 2019 pour la fonction achats.
  • Travailler avec les établissements publics et privés pour mieux définir leur périmètre d’activités en lien avec le GHT. Il s’agira aussi, à l’occasion de la création des hôpitaux de proximité au sens de « Ma santé 2022 », de réfléchir au meilleur positionnement pour nos hôpitaux de Guadeloupe.
  • Accompagner la constitution concrète du GHT îles du Nord et son association au GHT de la Guadeloupe.
  • Signer les contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens entre l’ARS et les structures médico-sociales.

 

Pour ce qui concerne le 4ème axe : l’adaptation de l’offre médico-sociale aux enjeux à venir. Pour cette action, il est nécessaire d’anticiper sur l’évolution des besoins dans le champ médico-social, en particulier en raison du vieillissement de notre population et de la précarité grandissante dans notre société.

  • Lier le sanitaire et le médico-social à travers la filière gériatrique du GHT et en lien avec les CPTS (les HAD et les SESSIAD en font partie autant que possible).
  • Accompagner les acteurs de santé dans la prise en charge urgente des personnes âgées.
  • Evaluer en anticipation le besoin en établissements et services pour les personnes âgées.
  • Travailler à la mise en place avec la DJSCS d’un SAMU social.
  • Soutenir la mise en place de la PASS de Grande-Terre.
  • Faire le diagnostic du besoin de prise en charge pour les personnes handicapées (nombre, âges, typologie de handicaps, répartition géographique, etc).

 

Pour ce qui concerne le 5ème axe : le développement de la sécurité sanitaire passera par une meilleure évaluation des risques et une anticipation qui passe inévitablement par la planification et les actions de recherche.

  • Promouvoir le portail des signalements et le SI réclamations afin d’enrichir notre connaissance commune des risques auxquels nous sommes soumis et favoriser les actions correctrices. Les évènements indésirables graves (EIGs) liés aux soins devront rentrer dans un processus bien défini avec les acteurs de santé.
  • Mieux évaluer les déterminants et leurs effets sur la santé issus du travail, de l’urbanisme, du logement, de l’environnement naturel ou encore de l’alimentation en favorisant les études épidémiologiques, la recherche et l’évaluation des actions de prévention mises en place.
  • Renforcer les partenariats avec les collectivités à travers les contrats locaux de santé (CLS) pour créer un écosystème environnemental favorable à la santé.
  • Renforcer le programme JAFA et évaluer les actions sanitaires à mettre en place concernant la chlordécone et les émanations issues des sargasses.
  • Finaliser la planification de crise en anticipant les ressources à mobiliser, le pré-positionnement des moyens à réaliser et les scenarii possibles dans les contextes d’épidémies ou d’afflux massif de victimes liés à un cyclone, un tremblement de terre, un tsunami ou un risque technologique. La dimension psychologique doit systématiquement être intégrée à la réflexion.

 

Evidemment cette liste n’est pas exhaustive et nous avons encore plus à faire, mais si nous parvenons à atteindre en 2019, ou au moins faire avancer significativement tous ces objectifs, nous aurons encore fait un pas vers l’optimisation de notre système de santé.

Je souhaite enfin que nous puissions régulièrement échanger sur tous ces sujets en interministériel, avec les collectivités, les parlementaires dont la présence ce jour témoigne de leur intérêt porté à l’amélioration de notre système de santé, avec tous les représentants des acteurs de santé mais aussi quand ils le souhaitent avec les acteurs de santé eux-mêmes. Nous devons aussi mieux écouter la population, qui est la plus à même de pouvoir exprimer ses besoins, en poursuivant la dynamique de la démocratie sanitaire, notamment en favorisant les débats publics.  En effet, la santé est l’affaire de tous et c’est par l’intelligence collective et les idées innovantes venant du terrain que nous pourrons parvenir à avancer.

Nous allons enfin mettre en place le comité régional d’accès aux soins sous le pilotage de l’ARS et où siègeront la préfecture et ses services déconcentrés concernés, les élus, la CGSS, les fédérations, les URPS, l’établissement support du GHT, une représentation des MSP et tout autre acteur que nous estimerons utile d’impliquer pour améliorer notre système de santé.

Notre ambition doit être unique : notre population

Notre motivation doit être forte pour que nous soyons fiers et pris en exemple d’ici 5 ans. Lorsque nous rentrerons dans notre nouveau CHU, nous le ferons avec un système de santé autour de lui moderne et efficace !

Je vous présente tous mes vœux pour cette année 2019 pour que votre épanouissement personnel et professionnel nous aide à y croire et aller de l’avant !

« Tous ensembles pour la santé en Guadeloupe ! »